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VOEUX AU NOM DU BARREAU DE CARPENTRAS


Le Barreau véritable institution gardienne et protectrice de l'Etat de droit, son Bâtonnier en est le promoteur au sens littéral du terme : personne qui donne la première impulsion à une entreprise.

Ainsi, peu de gens savent qu'en plus de ses activités de contrôle de la profession, le Barreau est le gardien et le protecteur des valeurs démocratiques, l'intransigeant promoteur et défenseur de la primauté du droit. Et, je pense également, que dans la tourmente que traverse depuis trop d'années maintenant la profession, les avocats eux mêmes en proie au doute, perdent de vue parfois l'importance de leur rôle dans la société.

Pourtant depuis la nuit des temps, l'avocat individuellement, et plus encore regroupé au sein de son Ordre, joue un rôle social déterminant dans la protection des valeurs de respect de l'individu et de cohésion du groupe, qui sont le lien universel et indéfectible d'une société libre et démocratique.

En effet, le Barreau par la voie de son bâtonnier promeut l'égalité des citoyens devant la Loi et protège l'équilibre souvent précaire entre les droits du citoyen et les pouvoirs de l'Etat.

Mais, on a aussi tendance à oublier que le Barreau localement, est un pilier de la société de droit, Et il est relayé en cette représentation au plan national par son instance représentative exécutive le CNB (Conseil National de Barreaux) auquel appartiennent le Barreau de Paris et la Conférence des bâtonniers de province dont le Barreau de Carpentras est membre actif.

De part sa position sociale le Barreau est mieux placé pour jouer ce rôle en toute indépendance, rôle qu’il faut faire mieux valoir pour plusieurs raisons :
1. pour que les citoyens comprennent l’importance d’une société de droit sur la vie en société, les libertés individuelles, la santé économique d’un pays, etc.
2. pour que le Barreau se rapproche des citoyens et puisse mieux les faire participer à cet important rôle de protecteur de l’État de droit.

Le Barreau a trop longtemps vécu sur ses fondements de protection d'un équilibre établi de la société, et n'a pas su maîtriser et anticiper suffisamment tôt , l'évolution des mœurs qui, il est vrai, s'est faite quasi à la vitesse de la lumière et par des vecteurs que sont les médias dématérialisés.

J'ai souvenir qu'il y a moins de 40 ans, alors que le premier ordinateur individuel et le fax apparaissaient dans le paysage professionnel, les avocats qui se voulaient encore les garants de la stabilité juridique et sociale acquis depuis 1804 avec le Code civil, 1807 pour le Code de commerce, et 1810 pour le Code pénal, ont dédaigné cette (r)évolution soutenant que « force resterait à la Loi ». Sauf que la Loi n'est jamais que le reflet d'un Etat de droit à une époque donnée. Et, comme disaient les romains «O tempora, O mores ! » (autres temps, autres mœurs!).

Ainsi, le Barreau a perdu de son importance locale. Mais plus grave encore, corrélativement le Droit français dit « continental » qu'il incarnait, a perdu sur la scène internationale, son leadership au détriment des autres droits et plus particulièrement le droit anglo-saxon ou encore appelé « Common law ».


Ce dernier est un droit qui se veut plus pragmatique et évolutif. Mais, il est aussi source d'instabilité parce qu'il est d'abord organisé autour et pour les échanges commerciaux. Dans ce droit, la liberté du commerce est le dogme et la liberté individuelle est ainsi subordonnée à la liberté d'entreprendre.

C'est un véritable choix de société qui en découle. Et, aujourd'hui dans le cadre de la mondialisation des échanges, c'est effectivement le véritable enjeu pour notre société. L’Europe nous impose un chamboulement de notre droit dans l'unique but d'assurer une fluidité dans les échanges intra et extra communautaires.

Face à un tel leadership, le Barreau ne peut avoir qu’un objectif : le dépassement.

Le dépassement des postures entre le droit continental et la Common law. Ce n'est pas l'un contre l'autre mais bien l'un conjointement avec l'autre droit qui assurera la stabilité de demain. Car, le droit n'est qu'un outil de stabilité, de paix et de liberté pour les individus quel que soit le pays auquel ils appartiennent. En effet, comme l'écrit Louis ASSIER-ANDRIEU (Les avocats Identité culture et devenir Lextenso éditions 2011, p,21-22), « La déclaration des droits de l'homme de 1789, à la différence de l'américaine, fut universelle, disposant pour la totalité de l'humanité. »

Les Etats Unis d'Amérique possèdent une charte des droits fondamentaux mais qui relève d'une adhésion à un pacte social précis. Et, l'Angleterre dispose quant à elle pour affirmer son identité juridique d'un ensemble de principes inscrit dans la mémoire collective et respecté par les gouvernants successifs, comme le jury populaire, la propriété privée, le contrôle de légalité et le respect de l'équité.

Mais, que l'on ne s'y trompe pas, en France, ce que l'on appelle le « droit positif » c'est à dire issu de la Loi, indéfectiblement attaché aux principes universels de « Liberté, Égalité, Fraternité », s'est construit autour de l'idée suprême de l'unité du pays.

C'est dans ce contexte que l'avocat a acquis ses lettres de noblesse en s'imposant comme le dernier recours de David contre Goliath, le porte-parole des sans grades contre l’État tout puissant, mais aussi contre les puissants détenant le pouvoir économique.

Mais, aujourd'hui le combat devient trop inégal et de « samouraï du droit » qu'il était, l'avocat doit devenir Harry Potter « sorcier du droit ».

Loin de moi cependant, l'idée de comparer le Barreau au village gaulois, et son bâtonnier au druide Panoramix !

Mais, il faut bien l'avouer l'avocat est soumis comme les autres au principe darwinien de « s'adapter ou mourir ».

Notre devise aujourd'hui doit être : Un peu plus haut, un peu plus loin. Toujours s’améliorer, voilà un objectif que doit se donner une organisation moderne qui évolue dans un monde où tout va de plus en plus vite. S’améliorer requiert que nous puissions d‘abord savoir d’où l’on part et que nous puissions mesurer notre évolution au fur et à mesure et assurer un alignement constant avec nos priorités stratégiques. Nous avons commencé à établir des objectifs précis de rendements quantitatifs (création de comité de défense pénale, consultations gratuites afin de répondre à la demande toujours plus nombreuse d'informations juridiques,etc) et qualitatifs (organisation de colloques ouverts aux publics, développement de la formation continue pour les avocats, etc.).



C'est l'ambition que je veux mettre avec l'aide de mon Barreau, au service du public.

C'est aussi le vœux que je formule car de notre réussite dépend le mieux vivre de tous dans la cité dans leur quotidien.

Que 2012 soit une année d'espoir, de réconfort, de solidarité et de sagesse !

Bonne et heureuse Année !
Yves BONHOMMO
Bâtonnier de l'Ordre





Le Bâtonnier Maître Yves BONHOMMO


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Me Yves BONHOMMO
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